Sophia Aram
Par Christophe Sibille , le 18 octobre 2016

Christophe SIBILLE l’homme au micro

sibille-by-rodhoBonjour, oh ma fidèle lectrice !
Plus fidèle que moi, évidemment.
Mais pourquoi ?
Ben, parce que l’homme est, par nature, infidèle.
Tout le monde sait, en effet, que le porteur de bite, (la plus grosse possible, mais là, je sais que c’est toi qui rajoutes) n’a pour vocation première que d’aller semer aux quatre points cardinaux le jus de ses gonades pour que: «croissez et multipliez» à tort. Et, surtout, à travers.
Tandis que la mamelue, son inférieure et dévouée par essence, (mais ça marche aussi pour le gas-oil, car : « femme au volant » … tu connais la suite!!) n’aspire qu’à la sécurité de son doux foyer. Sécurité du foyer, pour que tous les effets induits du lâcher de sperme évoqué plus haut puissent croître dans la quiétude la plus propice à en faire des «mon coeur». Qui deviendront trop vite des addicts à «Maître Gims» et au «Bacardi Breeze».
A noter au pas sage, (mais je sais que tu l’as fait), que la femme au foyer la plus célèbre de l’histoire n’a jamais eu de famille.
Hé ben moi, je suis fidèle!
A France-inter.
Oui, j’aime l’ambiance délurée du 5/7, se terminant en feu d’artifice avec Daniel Morin, qui surhommise à la fin de sa chronique le meneur de la tranche suivante, Patrick Cohen, toujours de la même manière et de façon à chaque fois différente.
J’aime beaucoup le 7/9 aussi. Le journal, les secrets d’infos, la mécanique médiatique de Jean-Marc Four, le ton hyper-radiophonique d’Hervé Pauchon,  Rebecca Manzoni, réussissant à résoudre l’équation pourtant oxymorique : «didactique et léger» dans son «tube and co», la chronique qui tombe quasiment toujours juste de Thomas Legrand, (sauf quand il parle d’éducation), avec la chanson souvent pertinente qui la précède.
J’aime bien Charline, Bernard Guetta, l’invité de 8h20 quand il n’est pas trop d’extrême droite, la revue de presse d’Hélène Jouan, et « interactive » quand ils prennent mon appel.
Je supporte Augustin Trappenard grâce à ses invités, Nagui grâce à ses chroniqueurs, et «si tu écoutes, j’annule tout» grâce à Guillaume Meurice et Frédéric Fromet, même si j’aime quand même bien aussi le reste de l’émission.
Et Guillaume Gallienne, Mathieu Vidard, , Frédéric Pommier, Vincent Josse, Alexandra Hakoun, Isabelle Dor, le puits de science musical Jean-François Zygel, avec son accent parigot délicieusement désuet, et pardon pour ceux que j’oublie, mais de toute façon, j’ai plus de place!
Mais il y en a une que je ne rate jamais, depuis le départ involontaire de Didier Porte et Stéphane Guillon, c’est la chronique du lundi matin, à 8h55.
Sophia Aram!
Eh bien, figurez-vous qu’elle était le samedi soir, sur la scène nationale de Châteauroux, pour jouer son spectacle : «le fond de l’air effraie»!
Sophia Aram, chez nous!
Une mise en scène d’une sobriété impressionnante, laissant libre cours à un jeu également sobre, et très efficace, tirant merveilleusement parti du silence.
Mais pas le silence qu’on peut quelquefois observer chez certains humoristes pour attendre d’hypothétiques rires consécutives à une vanne douteuse.
Non. Des vrais silences de comédienne, avec des regards impliquant, quelquefois de manière implacable, le spectateur dans les problématiques toujours très sérieuses, et quelquefois dramatiques, développées dans son spectacle.
Des textes savamment écrits, des tensions consciencieusement provoquées. Puis  dénouées dans des répliques «scuds», joyaux d’humour noir. Dans lesquelles aucune autocensure n’apparaît jamais. Dans le style d’un dessin de Stéphane Charbonnier, dit Charb, qu’elle cite d’ailleurs, et qu’on continue à pleurer en se marrant le plus possible, comme il l’aurait voulu.
D’ailleurs, c’est le spectacle le plus « Charlie » que j’aie pu voir jusqu’à maintenant.
Merci, Sophia.
Merci aussi pour «l’interview dîner», (dîner digne d’un repas gastronomique de haut vol grâce au talent de la nouvelle cuisinère engagée par Equinoxe), après le spectacle. Au cours de laquelle tu as répondu à mes petites questions de chroniqueur provincial avec le même talent et la même implication que tu nous as montrés sur scène, avec ta gentillesse en prime.
Si ce spectacle passe par chez vous, lâchez tout pour aller le voir!
Tiens, Sophia, tu veux que je te dise?
Je t’aime tellement que je te pardonne même d’être copine avec Didier Varrod!

par Christophe Sibille

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