Spoiler, fake et conséquences
Par Anthony Casanova

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Et si nous parlions d’un temps que les fans des Youtubeurs ne peuvent pas connaître? Rappelez-vous, lorsque nous attendions impatiemment l’an 2000. Ah! l’an 2000… nous avions rendez-vous avec l’horizon. Mais, au final, le seul bouleversement qu’ait connu ce début de nouveau millénaire fut l’avènement d’Internet. Bye-bye les 80 jours en montgolfière, Jules-Kevin Verne fait à présent le tour du monde en un clic sur Google. Le XXIe siècle devait nous apporter le monde sur un plateau, il a choisi de le faire sur un plateau-télé.

Une désillusion n’arrivant jamais seule, alors que nous rêvions d’avenir avec des robots qui parlent et des voitures qui volent, que nous imaginions la téléportation et la fin de la misère dans le monde, le 11 septembre 2001 donna à ce futur fantasmé un arrière-goût moyenâgeux sur fond de croisade «2.0.». Si nous supposions qu’entre les navigateurs de ce nouveau monde numérique et les fanatiques d’un petit bouquin écrit il y a 1 500 ans, le mariage ne pourrait se faire… la suite, hélas, nous prouva le contraire: de la décapitation de Daniel Pearl diffusée sur Internet aux sites djihadistes favorisant l’embrigadement pour Daech, le web s’est retrouvé être un «formidable» allié de la barbarie. Paradoxe à part, c’est au sein de cet outil sans législation que toutes les idées liberticides ont trouvé refuge.

Si Internet se voulait un nouvel outil de communication, d’expression et d’information en mettant l’underground à la portée de tous, c’est au final la pornographie et les idées totalitaires qui furent les grands bénéficiaires de ce nouveau média. En France, par exemple, le succès des sites ouvertement racistes (Fdesouche, Salon Beige, La gauche m’a tuer, Riposte Laïque, Boulevard Voltaire, Novopress, Dreuz info…), antisémites (Egalité et Réconciliation, Quenel+), complotistes (Réseau Voltaire, l’UPR de François Asselineau, TV Libertés…) ou à la solde de la propagande russe (Sputnik France, RT-Russia Today) se livrent aux mensonges, bourrages de crâne et autres désinformations en continu qu’un euphémisme pudibond nous fait nommer: une fake news. Oh le joli mot «cool» pour exprimer une manipulation éhontée.

Mais alors que nous essayons d’en expliquer les grosses ficelles, de démontrer la volonté manifeste de nuire de ces organes médiatiques, il semblerait que se faire avoir une fois ou mille fois par ces sites n’empêche aucunement les personnes flouées de continuer à les partager sur les réseaux sociaux, comme si le titre de «l’information» prédominait sur le nom de celui qui ne cesse de vous désinformer. Tout est vrai, tout est faux. Les médias «officiels» seraient à la solde de je-ne-sais-qui alors on leur préfère les médias «officieux» à la botte de on-sait-qui.

Dans ce marasme numérique qui ne distingue plus le réel de la paranoïa, des sites se sont spécialisés dans les «fake news» rigolotes. Le Gorafi, pour ne pas le citer, reprend les codes des médias traditionnels, sans préciser qu’il est un site parodique. Le Gorafi stipule simplement qu’il livre «toute l’information selon des sources contradictoires». Nous remarquerons aussi que ce site fait la part belle à la publicité pour des sites sponsorisés. Mais bordel, on ne combat pas la crédulité par la contrefaçon! Et cet exercice du «1er avril toute l’année» pose un problème puisque dans un monde où l’on a de cesse de combattre le faux il n’est qu’un «piège» supplémentaire.

Les utilisateurs d’Internet ont soif d’information, ils veulent en savoir plus, comprendre un peu mieux le monde qui les entoure mais au lieu de répondre à leurs attentes, Internet n’offre par la magie des algorithmes que des tissus de conneries se voulant être la «vérité vraie». L’information sur Internet c’est comme Mahomet ou Jésus: tout le monde en parle, personne ne l’a vu.

par Anthony Casanova

Anthony Casanova par Babouse

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