Star Mouarf, épisode 1
Par Naqdimon Weil

NAQDIMON fait son malin

– … accroche-toi au, heuuu, à, heuuu, à l’échelle, heuuu, j’enlève le plafond…
– NON ! Pas bien racontée, ta blague est ! Pas assez concentré, tu n’es !

Maître Tata Yoyo se renfrogna. Depuis qu’il avait pris le jeune Jean-Luc Marcheciel comme padawan, il allait de déconvenue en désagrément. Pourtant la Farce était puissante dans sa famille. Mais l’impétrant n’avait pas la vraie fibre de la Déconne et ça navrait le vieux maître intergalactique. Il regarda son disciple avec commisération et s’apprêta à lui lancer une nouvelle bordée de reproches quand il fut pris d’un tremblement terrible, le faisant tomber au sol.

– Maître Tata Yoyo, Maître Tata Yoyo, que se passe-t-il?, demanda, affolé, son jeune saskatchewan
– Un grand bouleversement dans la Farce, j’ai ressenti…
– Mais de quoi s’agit-il?, insista l’élève
– C’est comme si, la Farce, trahie, elle avait été?
– Oh?
– Oh? Telle est toute ta réaction? Des bouleversements dans la Farce, je te parle et tu fais « Oh? »? Mais plus con qu’un tauntaun, tu es!

Le Maître Jusd’ail secoua tristement la tête. Marcheciel n’avait aucun sens de la Déconne ni n’arrivait à tirer le pouvoir de la Poilade de son moi profond. L’être millénaire reprit son habituelle posture doctorale et interrogea son jeune yourzewan:

– De la Farce, que sais-tu?
– Ben, heuuu, que c’est rigolo…
– La qualité de pensée d’un animateur télé, tu as ! explosa Tata Yoyo. La Farce, rigolote, elle n’est pas, drôle elle doit être, tordante, elle exige d’être, hilarante, elle mérite d’être! Compris mieux, tu as?
– Pas franchement…
– Pas aidé, je suis… Écoute-moi attentivement, jeune suziwan. Au commencement de l’Univers était l’Ennui et l’Emmerdement qui couvraient les espaces infinis, psalmodia le vieux chevalier Jusdail. Mais les êtres déprimèrent, alors vint la Farce. Elle inonda de la puissance de son rire éternel les étoiles et les planètes et la vie la suivait. Car la Farce est la force de vie. Dans chaque être vivant, la Farce déposa la nécessité de rire au moins une fois par jour. Et pour transporter la Sainte Poilade et la Revigorante Déconne, la Farce fit naître les Jusdails, les chevaliers de la Vanne Ultime. Et c’est ainsi que naquit le corps des Humouristes.
– Ah ouaiiiis, les Humouristes, comme je vais devenir…
– Ca, pas gagné, ça est… Seulement, l’Emmerdement, qui est le Côté Obscur de la Farce actif toujours restait et il a rompu l’alliance parfaite des Jusdails, en faisant naître le militantisme.
– Oh? C’est pas bien le militantisme?
– Définitivement con, tu demeures… Dans la Farce, le Militantisme est pire qu’un calembour moisi! Du militantisme, toujours te méfier, tu dois, car la fin de la vraie Déconne, il est l’origine!
– Comment cela, Maître?
– Tes oreilles, ouvre bien, jeune wanbaillewan! Quand l’Emmerdement la Farce voulut briser, par malveillance pure, l’humour politique il invoqua. Et le Militantisme fit le reste. Par Militantisme, les Humouristes en deux se scindèrent, les Humouristes de Droite et les Humouristes de Gauche. Et de faire rire les êtres ils ne s’occupèrent plus, mais seulement de faire sourire les Militants. Et très très chiant, cela devint, encore plus chiant qu’une soirée bingo au camping des Flots Bleus. Et la Guerre des Clowns eut lieu…
– La Guerre des Clowns? Sur la Planète Zavatta!, ironisa Marcheciel
– Maître Tata Yoyo prit une grande goulée d’air, abattit son bâton sur le gros orteil de son disciple pour le punir de sa blagounette pourrie et reprit la parole :

(À suivre…)

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

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