Je suis de droite!
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE et sa lectrice

Hello, ma lectrice préférée!
Je suis d’une humeur absolument enchanteresse!
Comme Eric Ciotti trouvant enfin un acheteur pour son peigne d’ado, DSK dégotant un poste de surveillant de nuit dans un internat de jeunes filles naturistes, ou Christine Boutin découvrant que le roi est son cousin?
Presque!
Mais je vois que tu as du mal à suivre. Je te rappelle que, Christine Boutin ayant convolé avec son cousin germain, elle se retrouve instantanément, du fait de cette découverte, bombardée reine.
Reine des quoi? Je te laisse juge, même si la cour est pleine, et si l’avocat n’est pas ta sœur.
Mais qu’est ce qui provoque chez moi cet accès de bonne humeur, me demanderas-tu, car je sais que tout ce qui est exceptionnel aiguise ta curiosité?
Hé ben, je viens de faire une découverte politique de la première importance!
En marche, ce n’est pas: «ni droite, ni gauche.»
C’est: «droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche.»Bon, je sais, il n’y a pas besoin de sortir de Sancerre pour trouver ça, mais ça s’arrose quand-même, non?
Puisqu’on parle, (enfin, surtout moi, mais, après tout, c’est ma chronique, après, vous direz ce que vous voudrez) de latéralisation politique, Michel Lussault, tu te rappelles?
Le directeur du conseil supérieur des programmes. Un des promoteurs, dans l’éducation nationale, de la suppression des classes bilangues, des EPI, du prédicat, j’en passe et des meilleures, qui se déplacent toujours par deux … Merde, qu’est-ce que je raconte?
En bref, Lussault, c’est l’homme qui contribua, pour barrer la route à l’élitisme scolaire, à ce que plus personne ne bitte que dalle aux contenus d’enseignements, pourtant réduits au minimum par ces bienfaiteurs de l’humanité, tellement les méthodologies visant à les faire passer sont, elles, complexes. Ni les élèves, ni les parents, ni même les professeurs.
Ca doit être ça, l’égalité républicaine prônée par l’ancienne ministre et son staff; pas de jaloux!
Tout le monde est largué jusqu’à l’os.
Hé bien, il a démissionné!
Champagne!Mais il avait quand même dit, ce faisant, (Nicolas Demorand l’a d’ailleurs rappelé la semaine dernière sur France-inter, ça rime, mais à rien!), en parlant de son, (qui est aussi notre), ministre: «Monsieur Blanquer sert les bas instincts d’une clientèle politique.»
Or, que fait Monsieur Blanquer?
Avant tout, confiance aux enseignants dans leur mission d’apprendre aux élèves du primaire à lire, à écrire, et à compter, et à initier ceux du secondaire simplement à la littérature, aux mathématiques, à la musique, à l’histoire. En les laissant mettre à l’épreuve leur art de la pédagogie, en lieu lieu et place de les soumettre aux diktats pédagogols théoriques que ses potes à lui, Lussault, avaient tout le temps de concocter, vu qu’ils s’étaient fait éjecter, ou qu’ils s’étaient éjectés eux-mêmes, des classes, pour incapacité à enseigner. Ce qui, par une bizarrerie bien française, mais ça doit exister dans tous les specimen, (et women, ne soyons pas sexistes), les a rendus légitimes pour apprendre aux autres à faire ce qu’eux même avaient foiré.Je passe sur toutes les couenneries, le mot n’est pas trop faible, que Lussault a pu proférer au cours de cet entretien avec Demorand; pour résumer, caca la droite, (qui aimerait, selon ses pensées, ou ses désirs, plus exactement), revenir à l’école de papa, sélectionner les élèves dès le cours préparatoire, et vive la gauche, qui veut installer une école démocratique qui emmènerait tous les élèves au sommet de leurs capacités … De leurs compétences, pardon, soyons à la mode.
Alors, oui, si revenir à une méthodologie simple pour enseigner des choses complexes, plutôt que l’inverse, c’est être de droite, alors, je suis de droite.
Si préférer l’enseignement de la belle littérature aux activités pédagogiques transdiciplinaires, c’est être de droite, je suis de droite.
Si trouver plus efficace que la charrue retrouve sa place derrière les bœufs qui la tirent plutôt que rester devant, c’est être de droite, je suis de droite.
Et je m’en vante.
Tiens, la semaine prochaine, je vais vous parler de l’écriture inclusive, ça, ça va vous calmer.
Mais moi, vraisemblablement pas.

par Christophe Sibille

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