Supprimons le Sénat!
Par Thierry Rocher , le 7 octobre 2014

Thierry ROCHER renvoie la censure

Les élections sénatoriales viennent d’avoir lieu. Virage à droite comme prévu avec un nouveau président qui est aussi un ancien, le bon gros Gérard Larcher. Un président qui ne sert à rien à l’image du Sénat qui ne sert à rien non plus. Chaque fois qu’il est question de cette assemblée, je me dis qu’on est encore avec cette « anomalie dans la démocratie » comme disait Jospin, un écho aux propos « abolitionnistes » du Général de Gaulle qui avait souvent une certaine idée progressiste de la démocratie et des économies à faire pour que fonctionne correctement la république. A part les noms cités, on ne peut pas dire qu’il y ait foule pour dénoncer ce gâchis financier, et c’est logique, puisque ce lieu recycle depuis des décennies les déchets politiques, en fin de carrière. En ce sens, on peut dire que le Sénat est écologique.

On a longtemps reproché au Sénat de trop représenter le monde rural par rapport à la ville avec le système des grands électeurs. C’est d’ailleurs pour corriger ce déséquilibre entre la campagne et la ville qu’avait été instauré un système en 1964, légalisant le principe des « délégués supplémentaires ». Une pratique inconnue du grand public qui permet dans les villes de plus de 30000 habitants d’influer artificiellement. On en trouve un pour 800 habitants, et chaque groupe met ainsi sur les listes, les membres de la famille, les employés municipaux acquis à la cause de l’élu ; un processus qui pourrait apparaitre comme scandaleux et digne des républiques bananières . Une grande ville comme Marseille permet à Gaudin d’avoir ainsi 694 délégués. Des gens que personne ne connait mais qui vont faire grossir la liste de ses supporters. On a l’impression de marcher sur la tête mais pas dut tout, on est dans les clous, la loi est ainsi.
Alors, citoyennes, citoyens, non content de ne pas représenter la population, le sénateur coûte cher. On me rétorquera qu’il exécute un travail, à savoir relire, corriger, amender les lois qui viennent de la Chambre des Députés ; lois qui, au bout du compte reviennent à l’Assemblée Nationale pour être votées. C’est vrai, mais, à y regarder de plus près, le travail de relecture et de correction, même si la moyenne d’âge a baissé et qu’ils s’endorment donc moins souvent qu’avant sur leurs cahiers, ce coût reste exorbitant pour le contribuable.Sans vouloir jouer les poujadistes, amis de Pernaut, il convient quand même de dire que le traitement d’un sénateur est de 7 100 euros plus 6 037 euros de frais de représentation et de mission, plus les 7 548 euros destinés à payer leurs assistants. Sans vouloir être mesquin, je pense que le rapport qualité/prix n’est pas bon. Je laisse nos amis lecteurs faire la multiplication pour savoir ce que représente chaque mois le coût des 348 sénateurs. L’Assemblée Nationale réunit les députés élus par le peuple ; ceux-ci ont la légitimité du suffrage universel et la démocratie est en aucune façon bonifiée par l’existence d’une assemblée qui reste critiquable dans la façon d’élire ses membres.
Aussi, ce que préconisait De Gaulle à une époque où les caisses étaient pleines devrait être une réalité à l’heure où elles sont vides.Toujours assez surpris que le bon sens ne finisse pas par l’emporter dans les domaines qui concernent le fonctionnement démocratique, je crois qu’il y a matière à mobiliser les bonnes volontés pour supprimer le Sénat et consacrer ce très beau lieu à d’autres activités. J’ai vu de très belles expositions de peinture au musée du Luxembourg. Il faudrait peut-être aller dans ce sens même si les Sénateurs sont en quelque sorte des objets de musée.Alors, si les lecteurs du Coq pensent que c’est une noble cause que de lancer un mouvement pour la suppression du Sénat, on s’organise pour la mobilisation des foules. Si je suis tout seul, tant pis ! Je boirai pour oublier. Il me reste quelques bonnes bouteilles !
Concrètement, vous pouvez « partager » la chronique et l’envoyer à vos amis sur internet et on verra dans quelques jours comment faire « remonter » l’information auprès de nos élus et si ce mouvement se transforme en pétition d’ampleur… ou non !A bientôt !

Par Thierry Rocher

PS : L’actualité… les prochaines émissions de la Revue de Presse de Paris Première en direct du Théâtre Daunou : 13 et 27 octobre…
Et à Paris sur scène au Grenier et au Don Camilo…

pour ceux qui ne l’auraient pas que l’ «Abécédaire à l’usage des militants politiques et de leurs enfants.» Editions PHR, est toujours disponible, soit en librairie, soit par l’intermédiaire de mon site

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