Sur mon propre palier !
Par Naqdimon Weil , le 26 avril 2016

Les valeurs de Mr NAQDIMON

Mr Naqdimon by Babouse

Est-on toujours bien sûr de l’origine de l’arbre qui cache la forêt ?

Si je me permets ce questionnement tout à la fois allégorique et sylvestre en exergue de mon hebdomadaire chronique, ce n’est pas, pour une fois, pour vous parler des errements des socialo-écologistes qui mènent le pays à sa perte, mais pour partager avec vous une anecdote récente qui m’a ouvert un abîme de réflexions. Les fidèles abonnés du Coq de Bruyère qui me font l’honneur de suivre mes chroniques impartiales le savent bien, je ne suis pas homme à mettre en avant les menus tracas de mon quotidien. Mais là, il s’agit d’une mésaventure qui est symbolique de notre triste époque honteusement multiculturelle.

Or donc, vendredi soir, voulant me reposer d’une rude semaine de travail durant laquelle mes clercs m’avaient apporté plus que de raison de documents à signer, je profitais de mon installation hi-fi en écoutant les chants de la Légion Étrangère à pleine puissance quand on frappa à ma porte. Comme James était de sortie, pour son week-end libre trimestriel et que mes employés sri-lankais devaient démêler une vague histoire de papiers d’identité, je me suis senti obligé d’aller ouvrir. Sur le palier de mon appartement se tenait le docteur Cohen, chirurgien-dentiste, un voisin avec qui j’entretiens fort peu de relations, vêtu comme pour un mariage, mais avec une calotte sur la tête et qui venait se plaindre du volume sonore. Ne voulant pas passer pour un sagouin et un malappris, j’écoutais donc le bonhomme m’expliquer mielleusement qu’il célébrait la Pâque juive avec des amis et que ma musique gênait la cérémonie. En me déplaçant sur le palier – car je n’allais pas faire rentrer chez moi un tel personnage – j’aperçus, se tenant dans le vestibule de chez cet agaçant riverain d’étage, mon banquier, une avocate connue, deux fripiers de marques de luxe et une chanteuse à la mode, les hommes portant tous le calot religieux.

Saisi d’une légitime angoisse, je rentrais chez moi et baissais quelque peu les puissantes voix des gars de la Légion. Angoisse, car je venais d’apercevoir le complot sémite dans toute son horreur. Ces gens se réunissent sous de vagues prétextes religieux – car, qui peut croire qu’on pratique encore le judaïsme alors que le Messie est venu ? – pour tenir de sombres réunions et garder la mainmise sur la Nation qui les nourrit et les protège. Évidemment, refusant tout antisémitisme, je ne crois pas que les Israélites pratiquent le sacrifice rituel d’enfants chrétiens – ou du moins qu’ils le pratiquent encore – ou qu’ils soient tous mauvais, mais vous avouerez que ce genre de vision peut légitimement inquiéter un bon Français certain de ses origines.

Retournant au salon, j’ai alors voulu me changer les idées et suis allé voir les prochains films annoncés, afin de prévoir mon agenda culturel. Et là, parmi les super-héros et les drames sinistres, un film du dénommé Yvan Attal – je préfère ne rien dire… – sur le sujet en question et titré « Ils sont partout ».

Si eux-mêmes le disent !

La semaine prochaine, je vous démontrerai, preuves à l’appui, qu’il est fortement décommandé aux femmes d’embrasser des carrières intellectuelles.

par Mr Naqdimon

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