Tableau noir
Par Guillaume Meurice

Guillaume MEURICE défraye sa chronique



Quatre jours ? Quatre jours et demi ? Vacances rallongées ? Raccourcies ? Les rythmes scolaires sont au programme des discussions les plus vives entre les enseignants et les dirigeants de notre pays. Ainsi, chacun expose ses arguments, faisant valoir sans cesse l’inévitable « intérêt de l’enfant ». Un intérêt qui semble donc avoir davantage trait à la fermeture des classes le mercredi matin qu’à l’ouverture des esprits durant toute l’année.

Ainsi, tandis que les débats se focalisent sur la gestion du calendrier, l’école persiste à demeurer un lieu d’émancipation quelque peu particulier. Une institution qui permet à l’enfant de découvrir les joies des mathématiques à l’aide de théorèmes indispensables, le plaisir de la lecture à l’occasion de l’étude obligatoire de pavés captivants, le ravissement de la géographie grâce à la parfaite connaissance des numéros de départements, l’importance de l’Histoire par le devoir de mémoire des différentes dates de batailles moyenâgeuses, l’émerveillement de la pratique musicale grâce à l’apprentissage de la flûte à bec.

Une école qui ne faillit pas à sa mission lorsqu’elle prétend préparer l’adaptation des élèves à leur vie future. Notation, culte de l’obéissance, et négation de l’esprit critique semblent faire partie intégrante des éléments fondamentaux à acquérir afin de réussir une vie professionnelle sans encombre. Ainsi, il est rare de trouver au programme des compétences à maitriser en quittant le lycée « Très à l’aise avec son libre arbitre », « excellente faculté de remise en question de la médiocrité » ou encore « Résiste parfaitement à un ordre stupide ». Des aptitudes qui permettraient pourtant de construire une vie « active » moins passive.

La tendance est donc davantage à l’accumulation de connaissances et à leur synthétisation formatée plutôt qu’à l’apprentissage d’une certaine forme de liberté, d’imagination, d’audace, et de lucidité. Ainsi des élèves prétendus « doués », dont la mémoire colossale passe pour de l’intelligence, accèderont à des écoles dites « grandes », sensées former les élites de la nation. Des individus dont les principales velléités consisteront à occuper des postes de dirigeants sensés nous prémunir, par leur capacité de réflexion et de raisonnement, contre toute crise financière mondiale. Par exemple.

Dans ce contexte, nous sommes en mesure d’attendre du ministère de l’Éducation Nationale des projets de réformes tout aussi passionnants que celui de l’emploi du temps, comme l’autorisation des parties de cache-cache sous le préau. Jeu auquel le ministre Vincent Peillon devait exceller vu sa dextérité à esquiver les vrais enjeux de société.

par Guillaume Meurice

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