Tragédie musicale (tome 1)
Par Christophe Sibille

Christophe SIBILLE l’homme au micro

«Je chie sur les producteurs qui se remplissent le ventre sur le dos de ceux qui n’ont pas d’oreilles.» (Cyril Lignac).

Non, mais, au secours!
Je me demande vers quelle époque, à peu près, va se terminer cet état de mort cérébrale de ce qu’on appelle encore, par un abus de langage aussi incompréhensible que pathétique, la «chanson française.»
Sans excepter le cas de Florent Pagny, qui va incessamment sous peu être obligé de repondre une daube pour pouvoir se racheter une bagnole, (je suis suggère d’ailleurs un début de texte: «non, vous n’aurez pas la liberté de… meeeeeeeeeeeeeeerde, ma Porsche!».
Et toi, ma lectrice, qu’en penses-tu?
Rien?
Hé ben, inspire toi de Claude François, en essayant de te mettre au courant!
Tiens, je te suggère une expérience.
Tu tires au sort une merde, parmi les dix qui nous euthanasient consciencieusement les feuilles en ce moment.
Tiens, je fais l’expérience en même temps que toi.
D’ailleurs, pour être bien certain de ne pas me gourrer, et de vraiment prendre une vraie daube, je vais piocher au hasard dans la playlist de France-inter :

(Musique: «comme disait Mistinguett», Dalida)

«Moi, quand j’entends play-list inter
Tout d’suite, je sors mon revolver, c’est vrai, c’est vrai».

One, two, four, …
Ha, putain, je suis tombé sur Nekfeu!
Hein hein!
Tu me diras, pour toi?

Nekfeu, c’est, je le dis, pour nos lecteurs inuits:
«On sèche les cours, la flemme marque le quotidien, hein hein
Être en couple, ça fait mal que quand t’y tiens, hein hein
Même si j’ai rien à prouver, j’me sens un peu seul, hein hein
J’ai toujours pas trouvé la pièce manquante du puzzle, hein hein
En possession d’drogues, les jeunes sont fêtards, hein hein
Quelle ironie d’mourir en position fœtale, hein hein
Je viens à peine de naitre, demain j’serai vieux, hein hein
Mais j’vais tout faire pour être à jamais ce rêveur, hein hein

On verra bien c’que l’avenir nous réservera
On verra bien, vas-y, viens, on n’y pense pas
On verra bien c’que l’avenir nous réservera
On verra bien, on verra bien.

Voilà.

Vous m’excuserez si je vous la mets sans la «musique», hein hein?

Pardon? Elle y est?

Hein hein. Si vous le dites!

Je n’en dis pas plus, je crois que l’exégèse est contenue dans le vase de nuit qui contient lui-même l’œuvre!
Ceci-dit, j’ai eu du bol, j’aurais pu tomber sur Léonard Cohen, et j’aurais eu tout faux.
(France-inter qui, au passage, rend en ce moment un hommage à Dalida comme si c’était Baudelaire, alors qu’on n’y entend jamais la moindre mesure de Brassens.)

Bon, dans la parodie chanson qui suit, j’ai cité «la Carla», mais ce n’est qu’un exemple, y’a un tombereau «d’ex-aequo» disponible!
Musique.

(Dalida, «il avait vingt ans»)

«Ils susurrent comme des glands
De tristes et grisâtres chan
sons à la gomme,
Tiens, elle, chaqu’ fois que je l’entends
Me gonfle irrésistiblement
La meuf au gnome,

Encore jeunes, mais déjà vieux,
Des voix comme s’ils sortaient du pieu,
De pire en pire,
Sur ma télé, à chaque fois
Que j’ai leur tronche en face de moi,
J’regrette la mire!»

Et c’est pas notre vieux Renaud qui va nous aider!
J’ai vu une vidéo, sur «facebook», où il chante sa fameuse chanson, «le HLM», en concert.
Allez-y! Vous me direz qui est le plus blême des deux!
Je sais pas, moi, je serais lui, je repicolerais, au moins, le pastaga, ça donne des couleurs!
J’ai coupé au bout de trente secondes, j’ai eu peur de me choper un cancer du larynx. Pas la peine de se faire chier, les cigarettiers! Tu mets sa tronche sur les paquets de clope, et le plus accro au tabac recrache tout ce qu’il a fumé ces dix dernières années!
Moi, j’adorais Renaud, putain, fait chier.

Allez, musique, encore!

«La variété, c’est comme ça qu’on l’aime
Quand elle rapporte du flouze
Et qu’elle est bien branchée,
Quand la voix pue la loose
De refrains mal torchés.
Tous les jours, on nous gave
Des tubes de Dalida,
Pourtant c’est pas moins pourrave
Que ça l’était autrefois,
Moi, j’aime trop ma platine
Pour y foutre ces trous du cul
Qui chantent comme des pines
Des mots, des musiques qui puent,
Murat, Miossec et Biolay
Tu parles d’un horizon
Je crois que j’préfér’rais
M’atomiser l’pavillon.»

«Renaud on t’aime, oui on t’aime, quand bien même

Tu sois dev’nu plus blême que ton HLM.»

par Christophe Sibille

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