Travailler plus et mourir vite
Par Anthony Casanova , le 21 mai 2013

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Nos chères têtes blondes - le Coq des Bruyères

Lorsque l’on est un économiste du dimanche aussi aguerri que je le suis, on se dit qu’avec tant de chômeurs il faudrait raccourcir le temps de travail pour permettre à tous d’avoir un salaire à la fin du mois. Mais voilà, apparemment, selon tous les économistes que j’entends, il s’avèrerait que je suis encore plus nul que je ne le craignais. Soit, je m’en doutais un peu… en même temps, mon analyse tenait plus du « bon sens paysan » que de la réflexion structurée, peu importe ça me permet de poser une question plus précise, plus ciblée, plus concrète : Au bout de combien de mois devons-nous mourir après le pot de départ à la retraite ?

Si le problème tient du fait que nous vivons trop longtemps pour ne pas travailler plus longtemps, qu’on nous dise une bonne fois pour toute la période de rab qu’il doit nous rester pour profiter de nos cotisations ? Un an ? Trois ans ? Cinq ans ? Y aurait-il, officieusement, une date de péremption sur un contrat de travail qui dirait : à partir de x annuités vous aurez le droit de passer 5 ans à la retraite, après cette date ce serait un brin exagéré de ne pas prendre rendez-vous avec les pompes funèbres ?

La retraite ne serait donc pas un dû, mais un cadeau que la société fait à la populace. Un cadeau qu’il serait grossier d’avoir envie d’en profiter plus que de raison. Avouons que la formule « travailler pour gagner sa vie » prend ici tout son sens ! Parce qu’une fois qu’on ne bosse plus, et bien on en perdrait le droit de continuer à vivre. Certes, vous allez me dire que cette sentence est exagérée, voire populiste… peut-être mais si ce n’était pas le cas, jamais « l’espérance de vie » ne viendrait s’immiscer dans le débat.

La question de l’âge de la retraite va plus loin que quelques mois de plus à bosser, elle pose le problème de la place de l’Homme dans la société. La société veut-elle épanouir les êtres qui la composent ou avons-nous fini par conclure que la société ne fait plus qu’un avec les hommes qui la composent ? Dans le premier cas, repousser l’âge de la retraite va à l’encontre de l’épanouissement personnel, et la société ne verrait l’Homme que par ce qu’il lui rapporte ; Dans la seconde hypothèse, l’individu ne serait plus une priorité pour la société, cette dernière n’existant que par la somme des individus, elle ne voit pas d’intérêt à se préoccuper du bien-être des uns puisque elle n’existe que par l’addition de tous.

Ces derniers temps, la droite ne cesse de nous parler d’un « mai 68 » de droite. C’est amusant et un chouïa pathétique autant de rancœur ! La droite parle des « valeurs perdues », du « rejet de l’autorité »… et de toutes les petites merdes qui dataient d’un monde moisi. Or, le débat sur l’âge de la retraite est un abandon d’un des rêves de mai 68 : donner à l’Homme le moyen d’avoir une vie riche, et de ne pas être qu’une marchandise. Alors, à cette droite qui se titille la nouille en imaginant un « mai 68 de droite », disons-leur en connaissance de cause que, malheureusement, un « mai 68 », ça ne dure qu’un mois.

par Anthony Casanova

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