Un sacré pouet
Par Naqdimon Weil , le 11 février 2020

NAQDIMON fait son malin

Tiens, moi qui vous cause hebdomadairement de l’état du monde et de celui mon ulcère en devenir, parfois, je me dis qu’on a épuisé un sujet et que même si des jocrisses et des gougnafiers s’astreignent à revenir dessus, histoire d’exister un peu, je ne suis pas tenu de faire comme eux. Dans ces cas-là, et pas seulement de Mila, je cherche un autre motif d’agacement ou je vous raconte ma vie et je laisse passer le wagon caudal. Ainsi devait-il en être de l’affaire Milan déjà abondamment traitée dans les colonnes du Coq et dans le reste de la médiasphère et je ne voyais pas ce que j’aurais pu dire de plus malin que les autres, ayant déjà dézingué gaiement Mesdames Belloubet et Royal sur ma page Fessebouc.

Donc, je m’apprêtais à vous parler avec colère des tablettes des TER qui vous scient le bide quand vous avez le malheur d’avoir un pneu de camion au niveau du nombril, comme je le vis tout en écrivant, ce qui fait de moi un écrivain voyageur et un gros reporter, encore une connerie pensé dans un bureau de design peuplé de beautiful people maigres et manquant d’empathie pour les petits gros, quand j’ai repensé à une information sur l’affaire dont à propos de laquelle je ne voulais pas vous entretenir. Et c’est plus fort que moi, j’y retourne.

Parmi les fort-en-gueule qui se sont largement répandus sur les propos de la jeune femme, je vous passe les pisse-froid qui lui reprochent de vouloir introduire son index dans le fondement d’Allah, ah mon Dieu quelle horreur, une pratique sodomite et un ton grossier, où allons-nous Madame la Baronne, il n’y a plus de respect, cette jeunesse est indigne, bref, vous mordez le topo, pas la peine que j’y revienne. Mais il y en a un dans le tas qui, selon mon opinion pas humble du tout, dépasse largement les bornes de la connerie en accélérant et klaxonnant, c’est le musicien Ibrahim Maalouf. Alors là, chapeau l’artiste, il ne frise plus le ridicule et l’indécence, il s’en fait une permanente.

Je vous explique, si vous avez manqué un épisode.

Ibrahim Maalouf, en général, c’est sa trompette qu’on entend. Même pour moi qui n’aime pas le jazz, faut bien le reconnaître, il est balaise, le gars. En plus, il casse les murs entre les styles, c’est franchement malin et assez élégant. Et comme c’est le neveu d’Amin Maalouf, ce qui n’est pas de son fait, ça me le rend plutôt sympathique. Histoire de finir, il a joué de son pimpon à l’enterrement de Tignous et a participé au concert de réouverture du Bataclan, ça vous en fait un modèle carrément aimable. Je ne vais pas m’appesantir sur ses ennuis judiciaires, jugé et condamné, la justice est passée, je n’ai rien à rajouter là-dessus. Ça, c’est pour la vie et l’œuvre du joueur de pouet-pouet à pistons.

Seulement, en plus de twister la zizique, il touitte, aussi, le gentil Ibrahim. Et suite à une phrase de Zineb el Razaoui sur France 5 : « Mila pour moi c’est un modèle pour la jeunesse française, c’est une fille qui a tout compris à ce qu’est l’esprit de l’universalisme, l’esprit des lumières. « , voilà le souffleur de trompette qui se met à dévisser du ciboulot, en commençant par dire que si personne ne mérite la mort pour avoir dit qu’il mettait un doigt dans le cul d’Allah, c’était tout de même une formule honteuse, que la phrase de Razaoui était de l’incitation à la haine – d’où t’as vu ça, mon gars ? – et surtout que ceux qui défendent l’éruptive gamine n’étaient pas différents de ceux qui protégeaient Matzneff… Rien que ça.

Donc, d’après le croque-note à la mords-moi-le-trombone, défendre le droit au blasphème et protéger un pédocriminel, c’est pareil. Putain, faut les avoir bien accrochées pour écrire ça sans perdre ses bollocks ! En trois touittes, tous plus niais les uns que les autres, Ibrahim Maalouf se pose en censeur de la liberté de mécréance et en protecteur du fion du Dieu de l’Islam, qui aime peut-être les touchers rectaux, va savoir. Alors qu’il aurait été bien plus urgent qu’il ferme bien sa gueule, vu que son dégueulis verbal est à la fois con et dangereux.

Aussi, presque comme Mila, mais pas tout à fait, moi, je recommande à Maalouf de s’enfiler sa trompette dans le cul, histoire de voir si ça l’empêche de dire ou d’écrire des conneries.

par Naqdimon Weil

Naqdimon by Ranson

# [Les derniers articles de Naqdimon Weil]

Patrick FONT - Souvenirs d'un cowboy d'opérette