Vive les frontières et les miradors
Par Thierry Rocher

Thierry ROCHER renvoie la censure

Avec les événements en Espagne ces derniers jours, j’ai pensé à une question fondamentale pour nous, Français: La volonté d’indépendance de la Catalogne va-t-elle pousser des régions françaises dans cette voie ?

Les Catalans veulent être indépendants puisque près de 90% de 40% des électeurs l’ont dit. Je vous laisse apprécier ce ras de marée démocratique. En France, il y aurait aussi des régions tentées par l’indépendance. Alors pour enquêter et comprendre les ploucs, quoi de mieux qu’un ancien plouc comme moi.

Pour la Revue de Presse de Paris Première, j’ai sillonné la France, parfois au péril de mon intégrité physique. Ces régions qui ne veulent plus être saignées par la pouvoir parisien, car l’indépendance, c’est les frontières rétablies, et les frontières, quoi de mieux pour se sentir chez soi! Et puis des régions indépendantes, ça permet de partir en vacances à l’étranger sans aller loin.

J’ai commencé par la Savoie mais en fait , il y a peu d’indépendantistes même si les traditions restent vivantes. Qui dit savoyards, dit ramoneurs, les fameux petits ramoneurs, ce qui fait que beaucoup de Savoyardes se plaignent des traditions qui se perdent, surtout celles qui ont toujours du feu dans leur cheminée.

On m’avait parlé des indépendantistes bretons. J’y suis allé. Quelques irréductibles demeurent mais dans l’ensemble, si on laisse les A.A.B. (Alcooliques Anonymes Bretons) cultiver tranquillement leurs champs de galettes saucisses avec un chapeau rond sur la tête, ils sont prêts à s’intégrer en se mettant à apprendre le Français. La langue, c’est important, c’est ce qui resserre les noeuds des hommes, car comme disait autrefois, avant sa lessive, la Mère Denis qui n’était pas bretonne: « Regardez autour de vous, les mauvaises langues ont commencé comme lèche-culs. »

Indépendante ou pas, j’adore la Bretagne même si l’odeur de marée des femmes qui se parfument aux fruits de mer peut-être écoeurante à la longue.

Ensuite, j’ai fait un saut en Corse. En Corse, il vaut mieux faire un saut que de se faire sauter mais je ne parle pas pour vous, mesdames. Et là, je dois avouer que j’ai vu plus de Corses que de Français car il faut bien dire qu’avec les Nationalistes, la Corse risque de devenir une île. En tout cas, ça bouge en Corse. Pour le travail, même s’ils sont plus croyants que pratiquants, ils sont forts pour la formation professionnelle. J’ai rencontré des jeunes qui préparent un BTS Tourisme, option munition et explosif, on sent qu’ils s’éclatent. Beaucoup de sportifs sont également pour l’indépendance. Par exemple, le championnat de foot serait plus simple, et avec trois équipes, plus facile d’être champion, et en plus, le champion serait du coin.

Après la Corse, je suis allé en Seine Saint-Denis, où on s’éclate aussi, et où certains groupuscules verraient bien un 93 indépendant avec ses propres ressources; ça éviterait de courir à Amsterdam chercher des plantes aromatiques. Beaucoup d’habitants disent qu’il faudrait trouver une langue commune pour le 9.3. Certains parlent du Français mais c’est pas très réaliste. Dans le 93, il y a trop d’argent au black disent les économistes. C’est vrai qu’il est dur d’être carré avec le black, mais on peut être black et d’équerre! (Ah l’influence de Philippe Chevallier, ça ne se contrôle pas !).

Mais la seule région prête pour l’indépendance, c’est… l’Auvergne! Les Auvergnats veulent de la reconnaissance: Ils en ont marre de voir leurs plus beaux Saint-Nectaire partir vers la capitale car ils préfèrent un Saint-Nectaire coulant avec un Président à point que l’inverse. Mais, pour avoir visité l’Auvergne avec un ami interprète, je sais qu’il y a aussi des traditions lourdes à porter; la bourrée auvergnate par exemple. Dans les campagnes, certains en ont marre de la bourrée. C’est vrai, tout le temps la bourrée, c’est fatiguant, comme me disait Stéphane Rose. Et puis la bourrée d’accord à condition d’être attiré me disait sa copine…

Un tableau: Le nombre d’habitants en Auvergne par rapport à l’évolution des richesses régionales: potée auvergnate/Saint-Nectaire/Bleu d’Auvergne

Alors, Auvergne, mon amour, j’ai rencontré toutes tes peuplades qui veulent affirmer ta culture et chanter ta tradition. Par exemple, le célèbre chant de la cagouille…Vous connaissez?   Juste le refrain: Jette ta cagouille/ Planque tes bisquouilles/ Chasse la grenouille/ Et rentre pas bredouille.

Les rimes en ouille, c’est typiquement auvergnat. Il y a aussi « La complainte de la ch’touille » mais on n’a pas le temps.

Alors, pour conclure cette expertise pointue, un message  d’espoir pour vivre ensemble, le secret de la sérénité, car comme disait le célèbre philosophe chinois Qi Shi Tsu: « vivre ensemble sans frontières, c’est le contraire de l’Orangina, pas besoin d’être secoué pour se mélanger. »

PS : Mais n’oubliez pas, chers amis du Coq, la première parisienne de ma nouvelle pièce (dramatique) « La vie de Léo Tracy », le 4 novembre, à 19 heures au Théâtre Darius Milhaud (Paris XIX), puis le 11, 18 et 25 novembre.

Par Thierry Rocher

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