Vive les ringards!
Par Thierry Rocher , le 25 juin 2019

Thierry ROCHER renvoie la censure

 

Le peuple aime la stabilité. Le peuple apprécie ce qu’il connait et croit maitriser car le peuple n’aime pas les surprises, l’incertitude. J’évoque le peuple, or le peuple n’existe pas en tant que tel, on le sait. On parle d’individus, d’êtres humains qui peuvent s’enorgueillir d’avoir un avis personnel (on peut rêver!). Alors tenant compte du phénomène de groupe, on peut observer les comportements que doivent subir les populations face aux arnaques intellectuelles quotidiennes.

Alors, ma sœur Anne, qu’est-ce que tu vois venir? Je vois venir un homme de littérature cette semaine, en fait deux auteurs qui ont du écrire à quatre mains: Paul Bismuth et Nicolas Sarkozy avec un livre que je me réjouis d’éviter «Passions» mais que des foules de nostalgiques de 2007 attendent en trépignant d’impatience.

Est-ce un signe de ringardise ou simplement la marque de l’obscurantisme intellectuel capable de masquer un caractériel majeur?

L’actualité, c’est aussi l’acharnement de la justice contre un honnête homme qui a tant fait pour sa ville de Levallois-Perret. Le voir aller à la rencontre de ces administrés souriants fait plaisir, en tout cas, c’est logique qu’il profite de ces moments de liberté, pas sûr qu’il le soit à l’automne. Et que dire de ces habitants d’une fidélité inébranlable ? Les mots me manquent. J’ai revu cette semaine un vieux film français de 1979, « Un si joli village » avec Victor Lanoux, Jean Carmet, Valérie Mairesse. Une petite commune qui vit grâce à une tannerie qui emploie tout le monde et le patron élimine sa femme. Personne ne veut voir la réalité en face, et la justice se laisse berner. L’ensemble de la population applaudit la libération du patron décideur pour son confort personnel et l’ordre établi depuis longtemps revient renforcer l’indignité. Même si Balkany n’a supprimé personne physiquement, le comportement d’administrés aveuglés est le même. Quand on connait la gamelle, on ne va pas la renverser sans savoir si celle-ci sera remplacée avantageusement.

La même semaine, on a été tenté de passer la tête hors de l’hexagone pour un coup d’œil à celui qui reste hors concours, question ringardise, le président de caricature buveur de Coca, le climatologue Trump avec la meute d’Orlando qui applaudit à la vulgarité. Mais on peut soutenir la vulgarité quand le poulain a un beau costume et une cravate propre. Pas de grossièreté, c’est ce qu’il faut retenir. L’indignité est une notion qui n’a pas cours dans le patriotisme exacerbé.

Alors maintenant, retour chez nous, pour la prochaine étape des ringards, encore plus subtile, puisque les jeunes du Rassemblement National qui ont en point de mire l’OPA sur les Républicains, vont faire croire qu’ils ont réellement l’âge de leur état civil et leurs idées aussi. Grâce à ces jeunes ringards, l’extrême-droite n’habite plus le Front National, la preuve, le Front National n’existe plus, et il y a un vrai changement de positionnement car ils sont devenus respectables comme disent les observateurs politiques lucides et perspicaces. Et j’ajouterai que la preuve ultime que les fachos ont disparu, c’est qu’il n’y a plus de rassemblement de ces braves pioupious au chant mobilisateur de Aili Ailo !

Alors Vive les ringards de l’été, sans frontière et qui devraient, malheureusement, résister à la canicule !

 

Par Thierry Rocher

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