A quelle heure tirer?

par | 21 Nov 2022

A l’occasion du procès à Cahors, le 17 novembre, de deux chasseurs, Julien Féral et Laurent Lapergue qui doivent répondre de la mort d’un jeune de 25 ans, Morgan Keane, je reviens, de façon plus légère sur la question de la chasse qui a fait l’objet de ma chronique dans la Revue de Presse de Paris Première, en début de mois. 

Alors pour ou contre la chasse? Je n’ai pas beaucoup de réponses mais j’ai de très bonnes questions. La chasse qui est ouverte depuis le 25 septembre (jusqu’au 28 février). Tout d’abord, les pour et les contre sont souvent déterminés par l’endroit où ils habitent, en ville ou à la campagne, cela dit, tirer un coup, ça peut se faire n’importe où. Il y a des questions qui viennent tout se suite à l’esprit:

Doit-on chasser à jeun? Les mauvais tireurs ont-ils intérêt à être alcoolisés? Faut-il faire des contrôles d’alcoolémie, au début ou en fin de chasse? Et par qui? Des chasseurs bourrés (pléonasme) doivent-ils être habilités à faire les contrôles? Et cette interrogation existentielle: boire un coup ou tirer un coup, dans quel ordre pour ces activités  qui sont complémentaires?

Que penser des récriminations des anti-chasses et de leurs propositions? Comme les propositions de certains qui veulent limiter les horaires pour chasser, par exemple, les dimanches impairs de 9h15 à 10 heures, avec interdiction pendant les vacances scolaires en utilisant uniquement des carabines à air comprimé. Il faut bien sûr protéger les randonneurs et les cyclistes mais tout le monde n’est pas d’accord avec l’idée d’armer les cyclistes et les promeneurs  pour qu’ils puissent se défendre et répliquer en cas d’attaque des chasseurs. C’est vrai que la chasse régule le gibier mais également le nombre de chasseurs même s’ils ne s’éliminent que très peu entre eux. 90 accidents de chasse par an (contre 230 en 2000) et seulement 8 morts l’an dernier et selon la fédération des chasseurs, il s’agit de fautes humaines, c’est rassurant, les animaux n’y sont pour rien et les randonneurs non plus.  Je voudrais adresser un message aux chasseurs, destinés aux enfants de chasseurs: il ne faudrait pas leur offrir à Noël des fusils en jouets, ça leur fait croire que les armes sont inoffensives, il faut les remplacer par des vraies. Encore un moyen de réguler le nombre de futurs chasseurs.

Autre question des citadins: comment obtenir son permis de chasse et à quel âge? A partir de 15 ans, ça coute 46 € et il parait que c’est un examen très difficile …à rater. Et attention, on peut perdre son permis notamment : suite à un homicide commis par tir direct. C’est possible, ça n’arrive jamais mais c’est possible. 

Dans mon enquête, des questions sont souvent revenues : quelles armes choisir ? les kalachnikov sont-elles autorisées pour chasser le gros gibier? Si oui, plutôt à la campagne ou en ville?

La chasse de nuit pratiquée Bois de Boulogne nécessite-t-elle un permis de chasse ? Eh bien non, simplement une autorisation que, personnellement,  j’ai obtenue sans peine. D’ailleurs, sur place, j’ai rarement manqué de cartouches.

D’autre part, et j’ai gardé le moins réjouissant pour la fin: de plus en plus de femmes chassent…Un sondage m’a montré que la grande majorité des femmes ne négligerait pas les taches ménagères qui leur incombent avant de se lancer dans ce loisir masculin. Encore heureux !

Les randonneurs, les cyclistes se plaignent des chasseurs, par contre les chasseurs se plaignent beaucoup moins de la présence des promeneurs, même vivants, ça prouve bien que les chasseurs sont  plus facile à vivre. 

Alors les chasseurs, il faut reconnaitre qu’ils sont utiles pour se prémunir contre la prolifération animale dans les campagnes où l’on n’entend pas seulement mugir les féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras. Sincèrement,  les animaux c’est assez calamiteux et négatif, vous en conviendrez, et la langue française le confirme, ne dit-on pas un froid de canard, une tête de cochon, une vie de chien, c’est vrai mais comme dirait le célèbre Qi Shi Tsu: heureusement qu’il y a aussi gai comme un pinson et pédé comme un phoque !

A part ça, le spectacle « Flop chef » avec toute l’équipe au Théâtre des Deux Anes (Paris 18) du mardi au dimanche.

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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