La fête quand même !

par | 7 Jan 2022

En ce début d’année, retour sur la décision prise en décembre de fermer les discothèques, mesure prolongée en janvier, et retour sur ma dernière chronique de 2021, lors de la Revue de presse de Paris Première:

Un mois de décembre difficile avec l’annonce de la fermeture des discothèques, un coup dur pour nous les jeunes. Jeunes de France, on va devoir s’organiser pour faire la fête. Les jeunes de mon âge ne peuvent se passer des surprises-parties et des booms. Avec les booms, on s’éclate ! On peut danser chez soi malgré les gestes barrières, même si garder 1 mètre de distance avec son partenaire pour danser un slow demande de l’entrainement. 

Les discothèques sont fermées mais les clubs échangistes restent ouverts. Oui, les clubs échangistes restent ouverts, c’est logique, on passe moins de temps à danser. Et vous pouvez y aller en toute sécurité, les meilleurs établissements mettent à la disposition du public en plus du gel hydro alcoolique toutes sortes de gels pour une soirée réussie ou comme on disait autrefois, pour une petite sauterie. Il est conseillé de garder le masque surtout si vous ne souhaitez échanger qu’avec de beaux partenaires. Il y aurait 450 lieux libertins en France, il y en a forcément un près de chez vous.  Les discothèques fermées, c’est un manque pour ceux qui en ont à proximité mais pour beaucoup de coins en France, il n’y pas que les déserts médicaux il y a aussi les déserts dansants. Il faut d’ailleurs commencer par là. S’ils faisaient plus la fête, les ploucs auraient moins besoin de médecins. Alors pour bien comprendre la situation dans l’hexagone, un tableau qui montre la baisse régulière du nombre de discothèques (1600 aujourd’hui contre 4000 dans les années 80) et l’augmentation constante de celui des clubs échangistes (450 actuellement). Une projection plus ou moins scientifique indique que cers 2060, il pourrait y avoir plus de clubs échangistes que de discothèques traditionnelles. Quelle perspective !

Pour ceux qui préfèrent être chez eux , vous pouvez danser en famille. Faire tourner mamy, c’est sympa. Peut-être pas toute une soirée  ou alors changer de sens pour la faire tourner. Le mélange des âges, des musiques, c’est bien. Les jeunes se trémousseront sur Verschuren et le 3ème âge sur Orelsan. Pour ce qui est du 3ème âge, et c’est un drame, les pensionnaires des Ephad sont également privés de boites de nuit. Dans les Ephad, les thés dansants étant trop excitants, les camomilles dansantes sont en plein essor et très appréciées. 

A la maison, si vous êtes équipés, le karaoké c’est bien mais ça fait boire. Eh oui, plus la soirée avance, plus l’alcool est nécessaire pour oublier les agressions sonores des chanteurs. L’alcool rend supportable les pires prestations. Une parenthèse: pour ceux qui manquent d’amis, évitez l’annonce de soirée sur les réseaux sociaux, afin de ne pas voir 500 personnes débarquer dans votre deux pièces. En tout cas, chez soi, on est moins strict sur les horaires de fermeture. Autre avantage d’être chez soi, si les invités sont tous bourrés car il n’y a pas que des soirées Pampryl/Champomy, ils peuvent rester dormir à la maison, ce qui n’est pas toujours bien vu en discothèques. 

Pour éviter les problèmes de bruit, de tapage nocturne, il faut penser à inviter un flic à vos soirées. Si les forces de l’ordre sont appelées par les voisins, votre ami flic saura les calmer car ils parlent la même langue, il trouvera les mots. Prévoir aussi des packs de bière que les policiers de passage emporteront. Des petites attentions qui comptent car un alcoolique est aussi un être humain sensible. 

Alors, si sentir le sapin à Noël donne envie de vivre et puisque les conditions sanitaires l’exigent, organisez chez vous un petit bal mais vu les circonstances un petit bal masqué et laissez-vous emporter…

PS: Côté librairie, registre humour, est toujours disponible « L’Expert et Qi Shi Tsu » (Editions du Net) et registre Roman noir, le sera le 20 janvier, « La mort en partage » (Editions De Borée)

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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