L’attrait du vide

par | 23 Avr 2024

Comment comprendre les violences grandissantes? Comment ne pas subir sans rien faire? Comment effacer les images sanguinolentes sans rien dire? Comment ne pas confondre les victimes et les coupables? Ces quelques questions qui viennent à l’esprit de tout un chacun en suivant la triste actualité au quotidien.

Un minimum de besoin de sécurité à titre personnel fait qu’on a le souci d’élucider le mystère de l’irrespect de la vie. Des enfants qui fréquentent l’école maternelle en toute bienveillance et qui perdent progressivement l’importance de l’autre, de son existence, de sa dimension. Et que font les parents durant de cette débâcle mentale progressive?

C’est bien là, le problème de l’éducation; le fameux transfert de la famille vers l’école. Comment inverser la tendance ?  Je ne sais pas mais il faut faire des essais, entretiens et suivis avec les parents,  soumettre certaines aides sociales à une comportement civilisé, ne laisser aucune dégradation sans compensation même si celle-ci n’est pas à la hauteur du préjudice, responsabiliser autant que possible les enfants en arrêtant de culpabiliser les adultes qui les considèrent comme des victimes de la société, « ces petits anges ». L’absence d’empathie, du regret basique des coups donnés sont le résultat de la chienlit organisée (ou non) par ces fameux réseaux sociaux qui agissent en toute impunité. Les effets de masse font que personne ne parle et vit dans la terreur.

Comment grandir et apprendre dans ces conditions? Et la police de proximité que l’on connaissait sous Jospin, pourquoi n’a-t-elle pas été rétablie? Cela débouche sur le problème de la légalisation de certaines drogues, sortir de l’hypocrisie française au sujet du cannabis. Il s’agit de savoir si l’on veut sortir de ce malaise grandissant qui est la cause de l’accumulation de décès de dealers de plus en plus jeunes. Sous prétexte de raisons médicales, on n’autorise pas le cannabis comme en Allemagne. Il faut encadrer correctement la consommation de façon à dégonfler les réseaux. Les mafieux se tourneront vers d’autres trafics mais cela donnera du temps pour avoir les armes de défense.

La santé est-elle réellement au cœur du débat ? L’alcool et le tabac tuent au quotidien. L’argument que je partage est bien sûr d’affirmer que l’alcool, c’est  culturel. Et ça c’est l’argument qui échappe à toute idée qui pourrait circuler dans tous les clubs de joyeux cirrhotiques. Et comme l’interdiction persiste, pas de raison de faire peur aux criminels qui font rêver les plus jeunes. Banaliser la violence, il suffit de mettre sous le nez de garçons sans repaire civilisé, et la mort fait tout simplement des accidents du travail. Et que dire en laissant les quartiers de marchés parallèles se développer des parents complices, des mères de famille qui gardent les stocks?

On les comprend pour ensuite les excuser.

L’attrait du vide, c’est aussi la radicalisation religieuse qui prend le relais de la bêtise qui a besoin des interdits pour prospérer. De bonnes raisons morales qui dépassent les cons désoeuvrés pour arriver au lavage du cerveau même s’il n’y avait pas grand chose à nettoyer. Une piste connue et alimentée par les escrocs de tous poils qui peut facilement proliférer avec  les Instagram, Tic Toc, Facebook et consorts. Des ressemblances entre les interlocuteurs? Pour garder une vie optimiste, il vaut mieux ne pas répondre.
A bientôt.

Et en attendant la prochaine parution, un roman/récit, un rappel « Les bonnes raisons de ne pas avoir tort », toujours disponible, Editions du Net.

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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