Le piéton de Paris

par | 14 Fév 2023

Sans vouloir pousser la nostalgie jusqu’à remonter à la publication du remarquable livre de Léon-Paul Fargue « Le piéton de Paris » (1939), on se plait à rêver à ce que pourrait être notre capitale pour un piéton d’aujourd’hui arpentant les rues connues ou celles qui restent cachées. Marcher à pied est une forme de sport depuis toujours mais actuellement c’est un sport à risques quelque soit le quartier que vous choisissez. Le sport a évolué, il est désormais plus complet; le saut d’obstacles avec les trous et balustrades diverses puisque peu d’artères sont privées de travaux monumentaux, demande un sens de l’équilibre de tous les instants car il faut garder la nécessaire lucidité (lucidité vitale) pour affronter les deux fléaux qui demeurent incontrôlables: les vélos et les trottinettes. Les slaloms complètent le quotidien, slaloms sans neige mais ça glisse autant si l’on comptabilise les excréments des animaux de toutes sortes qui ont conquis Paris. 337 accidents corporels dus aux trottinettes l’an dernier, il n’y a pas de raisons que ce chiffre ne soit pas battu en 2023.

Alors doit-on traiter la question par l’absurde pour être en sécurité? Par exemple, encourager le piéton à ne pas traverser les rues, en restant sur le trottoir à droite en évitant d’aller sur celui de gauche. Dans ces conditions, on peut avoir rapidement l’impression de tourner en rond. Doit-on réapprendre à respecter les stops et feux rouges? Doit-on armer les piétons pour se défendre contre les trottinettes ou les fous du guidons ?

Je suis pour que la ville soit ouverte à tous et en particulier à ceux qui ne polluent pas. Et donc vélos et trottinettes ont leur place à condition d’établir des règles et de les faire respecter. A la Mairie de Paris, l’irresponsabilité des responsables est devenue une marque de fabrique. Mais peut-être responsables bientôt du banal chef d’accusation de complicité de mise en danger de la vie d’autrui. 

Cette mairie qui n’est pas gênée dans ses actions puisque, contrairement à la logique et au bon sens, n’est toujours pas sous tutelle. On attend sans doute que le record d’endettement avec la gestion calamiteuse soit encore pulvérisé. En attendant, le piéton, avide de promenades parisiennes, évitera plus facilement les voitures puisqu’il y en aura de moins en moins. Mais le piéton sourd devra assumer son handicap pour faire face aux trottinettes silencieuses lancées à 25 km/heure et aux vélos qui peuvent aller au dessus de cette vitesse, et pas seulement les esclaves d’Uber ou de Deliveroo. 

Malgré tout, l’optimisme reste de mise, et Paris est toujours à découvrir, que l’on soit parisien oui non , à pied, à cheval ou en voiture (à cheval).

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
D'autres Chroniques

Echec et mat au coup de poker

Pour une fois que les élections européennes avaient l’air d’intéresser les Français, Macron a réussi à faire en sorte qu’on n’en parle plus. Peu importe comment on analyse la stratégie du chef de...

Vive l’automobile !

Retour sur la question de l’automobile présentée fin mai à la Revue de presse de Paris Première (chronique presque intégrale) Avant les prochains départs en vacances, j’ai voulu faire le point sur...

Guillaume Meurice ou le cas d’école

Guillaume Meurice ou le cas d’école

C’est l'histoire médiatique qui dure depuis 6 mois : un humoriste d’une radio publique fait une blague dans une émission humoristique. La blague est douteuse, dans le sens où il y a un doute sur son...