Le pouvoir rend-il intelligent ?

par | 11 Avr 2023

En observant Macron et ses sbires, employés du peuple (et non l’inverse), on est en droit de se poser des questions sur des comportements douteux dans cet exercice périlleux des décisions à prendre pour tout un chacun. Abuser du pouvoir en ne renvoyant à ceux qui luttent que mépris et silence est tentant pour celui ou ceux qui n’ont pas compris les rouages de leur rôle. Se contredire est une pirouette intellectuelle qu’on peut justifier par des circonstances qui ne se maitrisent pas personnellement. 

Alors il faudrait compléter la question: le pouvoir rend-il intelligent dans le comportement qu’on a avec les autres? Une interrogation qui peut se poser à tous les niveaux du pouvoir. Si cela est flagrant en observant Macron fasciné par la lumière alors que son conseiller (nuisible dans le dossier des retraites) Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, préfère le pouvoir en restant l’homme de l’ombre. La notion d’influence varie en fonction de la lucidité de l’individu qui exerce le pouvoir et l’efficacité est rapidement plus perceptible par l’entourage que par le protagoniste. Quelqu’un qui est mal préparé et qui devenu, isolé, par manque d’écoute d’abord et de respect ensuite tombe dans la facilité de l’excès et le besoin de montrer sa force illusoire qui est le contraire de sa raison d’être: servir les autres. Et quand on a bien tout orchestré, on se doit d’être entouré qui ont abandonné le sens de la contradiction; le principe étant de s’écouter en arrivant à la conclusion qui était la base de la discussion de départ. Et il est évident de constater que l’intelligence peut être au service de l’incompétence. 

Alors l’exemple de Macron parle à tout le monde, mais ce type de comportement peut se retrouver à tous les niveaux de la société, dans la vie de tous les jours, dans les entreprises, avec les petits chefs ou les grands chefs car ces braves ont besoin des autres qui leur servent de marchepieds pour s’élever dans la hiérarchie. Et on assiste malheureusement , quel que soit le milieu, au spectacle des subordonnés prêts à tout, d’où l’expression « branler du chef ». Un peu d’humour ce qui pourrait être utile à tous ceux qui s’illustrent sur ce terrain. L’humour est rarement de mise et n’atténue pas cette pensée d’André Malraux « Le pouvoir doit se définir par la possibilité d’en abuser ». Le quotidien de chacun est ponctué d’ambitions légitimes au départ qui deviennent malsaines avec l’accumulation des moyens sans scrupules employés.

 

Macron n’est qu’un exemple, le paroxysme d’un état d’esprit tristement répandu. Mais ne serait-il pas plus honnête d’associer son comportement à celui de tous ceux qui lui permettent de réaliser son action?

A part ça un nouveau livre « Les bonnes raisons de ne pas avoir tort » Editions du Net (disponible sur le site des Editions du Nat ou auprès de votre libraire)

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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