Les vilains contre Geluck

par | 11 Mai 2021

Philippe Geluck est un homme bien sous tous rapports. Il sait peser le pour et le contre, il a de très bonnes manières, il est inattaquable! Alors comment ne pas avoir le ventricule gauche brisé en apprenant que de vilains belges pétitionnent pour ne pas avoir un musée Le Chat à Bruxelles sous prétexte que ce serait «narcissique», « commercial », et un «détournement d’argent public»? Diable! Que les Belges sont méchants.

Alors qu’en France, à Paris, on se retrouve, depuis le 26 mars et jusqu’au 9 juin, avec une grande exposition en plein air sur les Champs-Elysées de 20 sculptures en bronze du célèbre Chat… sans que personne n’ait eu le bon goût de dire à Geluck d’aller couler ses bronzes ailleurs que sur la plus belle avenue du monde! 

La polémique contre son musée a chagriné Geluck qui a déclaré: «Avec Le Chat, j’essaie d’apporter de la joie, et là, je me retrouve dans la souffrance et je ne comprends pas bien…» C’est vrai merde! Mais comment peut-on dire du mal de Philippe Geluck? Cet homme si brave, si obséquieux, ce dessinateur qui n’est pas le genre à faire une rature puisqu’il dessine son gentil matou avec un compas et une photocopieuse, aucun risque de se salir les doigts!

Rappelons-nous que lorsqu’un Monsieur, aussi droit dans ses pantoufles que le sieur Geluck, avait appris que les dessinateurs aux doigts pleins d’encre de Charlie Hebdo venaient de se faire trouer la peau, Mr Geluck avait sorti son mouchoir en tissu pour essuyer une larme devant une caméra qui passait par là, puis, l’honnête homme connu pour son irrévérence qui ferait passer Tintin et Milou pour des personnages de South Park, se désolidarisa (coquettement) de l’équipe de Charlie en concluant que dessiner Mahomet c’est tout de même pas sympa, parce que ça donne de la tristesse dans le cœur des terroristes.

Face au «Je suis Charlie (avec modération)» de Geluck, certaines personnes ont pensé que lorsque des dessinateurs se font assassiner pour leur courage, il serait décent de ne pas aller exhiber sa lâcheté sur tous les plateaux pour laisser place à ceux qui, malgré tout, continuent le «combat» de la liberté d’expression. A ces reproches, le bon Geluck fut tout peiné. Comment peut-on oser dire des méchancetés pas gentilles sur un homme qui sait que ce n’est pas gentil d’être méchant?
Alors Philippe Geluck, voulant faire taire ceux qui ne le voient que comme un VRP en photocopieuse déclara: «je suis victime d’une fatwa de la presse française». Oui, ce furent ses mots. Le grand Geluck dont on peut admirer partout l’œuvre aussi insipide que les papelards qui la publient, se disait -sans honte- victime d’une fatwa.

Peut-être qu’une nouvelle fois, Geluck parlera après la polémique sur son musée à la con d’une «fatwa» à son encontre mais, en 2015 comme en 2021, prenons le temps de rassurer ensemble Philippe Geluck en lui disant qu’il confond fatwa et critique.
Une vraie fatwa, c’est par exemple un truc qui fait qu’aujourd’hui nous parlons de Charb au passé. Certes, nous comprenons qu’à force de dessiner de la pisse il finisse par uriner en pensant, mais, ne l’oublions jamais, avoir eu le toupet de se déclarer «victime d’une fatwa» parce qu’il jouait le jeu de ceux qui ont assassiné une partie de l’équipe de Charlie, en trouvant qu’on «doit être responsable», était, est, et restera toujours simplement à gerber.
Geluck est, comme ses dessins, à gerber. 

Comme quoi, Napoléon avait raison, on peut rester poli et propre sur soi, en n’étant qu’une grosse merde dans un bas de soie.

Par Anthony Casanova

Par Anthony Casanova

Anthony Casanova est le directeur de publication et le rédacteur en chef du journal satirique Le Coq des Bruyères.
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