Du besoin d’un héros

par | 1 Juil 2020

Anthony CASANOVA est politiquement correct

Le coronavirus nous aura apporté le concept du confinement puis celui du déconfinement, des «gestes barrières», des attestations de sortie et la naissance médiatique du Professeur Didier Raoult. Avant le coronavirus, la présence médiatique de Didier Raoult se résumait à un blog chez Médiapart, des chroniques pour le Point et quelques passages dans l’émission C à vous. Puis est arrivé le coronavirus et, tout à coup, si l’on demande aux Français le nom des plus grands chercheurs de l’histoire, ils diront: Marie Curie, Pasteur (personne ne se rappelant de son prénom) et Didier Raoult. On peut d’ores et déjà parier qu’il figurera en décembre 2020 dans la liste des personnalités préférées des Français que nous pond chaque année le JDD.
A star is born.

Mais une star n’est rien sans ses groupies et ses dénigreurs. Philosophe médiatique, journaliste télégénique, donneur d’avis professionnel, sans oublier Madame Quidam et Monsieur Tout le Monde, il fallait bien chercher pour ne pas tomber sur une personne capable de vous causer chloroquine, hydroxychloroquine, lupus et morve au nez. Tant d’experts, tant de professeurs, tant de chercheurs, il y en avait presque autant que de sélectionneurs de l’équipe de France de foot au moment d’une Coupe du monde.

Et pourtant, pourtant, celles et ceux qui ont ouvert leur gueule pour défendre ou attaquer Raoult ont un grand point commun: ils n’y comprennent rien. Ces débats sur l’utilisation ou non d’un traitement n’aurait dû concerner qu’une petite poignée de savants et non la foule des ignares qui ne résistent pas à l’idée de se mêler de ce qu’ils ne comprennent pas. Tel Zorro et son grand chapeau, Raoult est arrivé pour nous sauver entre les rires et les bravos, les qu’il-soit-loué et les hués.

L’engouement pour le Professeur Didier Raoult est aussi passionnant que la gestion de cette crise. Didier Raoult ou le Professeur qui fut adulé ou détesté par ceux qui ne le comprenaient pas.Notre quarantaine de deux mois aurait pu nous inciter à savoir prendre notre temps, se déconnecter, et ne pas toujours faire comme si tous les malheurs du monde ne dépendaient que de nos épaules et de nos avis.

Rappelez-vous quand nous en étions encore à imaginer la possibilité d’un monde qui deviendrait moins con après une crise comme celle du coronavirus. Ça n’a pas duré longtemps, n’est-ce pas? Nos vieilles habitudes, nos courses effrénées pour gagner du temps, nos habitudes pavloviennes, tout est redevenu comme avant l’idée «d’un monde d’après».

Certes, il y en a des choses à dire sur les derniers événements survenus depuis la fin du confinement mais je vous propose que l’on s’en fiche. Le Coq part en pause estivale, et je vous inviterais bien à en faire autant.

En ce qui nous concerne, nous reviendrons vers les premiers jours de septembre et notre parution sera bimensuelle.

Bonnes vacances pour ceux qui en prennent, et n’hésitez pas à acheter la presse de temps en temps juste pour le plaisir de feuilleter un journal en terrasse et en toute liberté.

à bientôt.

Par Anthony Casanova

Par Anthony Casanova

Anthony Casanova est le directeur de publication et le rédacteur en chef du journal satirique Le Coq des Bruyères.
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