Gardons le moral!

par | 3 Nov 2020

On a gagné un nouveau confinement et il s’agit maintenant de se caler psychologiquement pour faire face. J’en parle aisément puisqu’une nouvelle fois, ma situation est privilégiée au regard de celle des soignants et de nombreuses professions en première ligne. En perspective, du temps à passer avec la solitude mais si l’on se prépare correctement tout ira bien. L’équilibre dans la tête passe par ce qu’il y a dans l’assiette et dans le verre. C’est pour cela qu’on est tellement emmerdés par des gens qui n’ont pas compris ça et que les buveurs d’eau sont si dangereux sur la planète. Mais pas de polémiques faciles et de raccourcis pour finir par parler des frustrés qui nous pourrissent la vie. Sans vouloir insister je n’ai jamais rencontré de personnes violentes parmi celles avec qui j’ai eu le plaisir de partager une andouillette AAAAA arrosée d’un Pic Saint-Loup. Et si la semaine du goût qui œuvre pour l’éducation culinaire des enfants permettait de créer une harmonie collective, un éveil des sens malgré l’absence de vin dans les cantines scolaires?! Les enfants capables de civiliser leurs parents… et pourquoi pas?

Donc, confinement en cours et la sagesse dans tout ça? L’expérience acquise avec celui du printemps ? Comme disait Qi Shi Tsu, mon philosophe préféré après Jean Castex, «la sagesse, c’est la faculté d’adaptation face aux situations déstabilisantes.» Alors, comme toujours, se concentrer sur tout ce qui est source d’espoir même si tout semble bouché. Pas facile de faire cohabiter l’émotion et la raison! Comme vouloir habiller l’émotion qui se tortille dans l’angoisse, l’habiller avec la raison qui arrive à prendre les couleurs de l’humour. L’humour est une bonne gymnastique même s’il faut un entrainement quotidien pour qu’il soit capable de repousser la déprime qui guette.

Le confinement, ça permet aussi d’explorer les réseaux sociaux, et sur Facebook découvrir les avis médicaux sur le virus de toutes sortes de gens, de comédiens, d’adjudant de gendarmerie, de vendeurs de cravates, les préconisations sanitaires avisées de chanteurs, de terrassiers, de représentants en farces et attrapes… ah quel bonheur! Tous ces braves gens ont dû se dire que Trump avec ses capacités intellectuelles qui sont ce qu’elles sont avaient bien réussi à être président, alors pourquoi ne pas partager avec le monde des désœuvrés son incompétence? Les réseaux sociaux ont des vertus sanitaires insoupçonnées. Combien de suicides ont été évités grâce à Facebook?  Combien de ses membres ont pu partager un peu du vide de leur vie et éviter ainsi le néant du quotidien? En ce moment, il y a de quoi rester positif. Et le bonheur d’imaginer de futures rencontres! Espérer des autres, c’est quand même plus porteur d’illusions quand on ne se voit pas.

Alors, pour terminer, une phrase qui était la conclusion de ma chronique sur Paris Première fin octobre, en référence au célèbre philosophe Qi Shi Tsu, qui, comme moi, reste résolument optimiste:  « Comme l’amour, le bonheur est dans l’après…après-demain ou plus… et en regardant l’horizon, vous trouverez le bonheur, même si tout le monde le sait, l’horizon est une ligne qui s’éloigne à mesure qu’on avance ».

Puisqu’il est question de Qi Shi Tsu et que les spectacles s’annulent tous les jours, vous pouvez retrouver l’esprit et l’humour du philosophe avec quelques livres L’Expert et Qi Shi Tsu paru en septembre aux Editions du Net (disponible sur le site des Editions du Net ou par l’intermédiaire de votre libraire) et toujours Les pensées de Qi Shi Tsu et Les réponses de Qi Shi Tsu

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
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