La 6ème ne sera que populiste

par | 13 Avr 2021

Dans la veine de cette fable de Brassens qui nous raconte qu’un arc-en-ciel d’un quart d’heure n’intéresse plus personne, on se dit que c’en est à penser qu’on finit par se lasser de tout.
Même le confinement, qui ressemblait à une folle aventure en mars 2020, devient d’un ennui lymphatique un an plus tard. Loin des révolutions et des mondes d’après, nous ne serions pas, en définitive, des êtres en quête de changement ou de nouveauté mais plutôt de pauvres bougres à la recherche d’un peu de mouvement voire d’un semblant d’évolution pour être heureux. Car avec le temps, à force de répétitions et de redites, tout nous emmerde.

Prenez, par exemple, les rois qui s’assirent sur le trône de France pour y encombrer les livres d’histoire… eh bien au seizième gus qui s’appelait Louis: la coupe était pleine, et, pour passer à autre chose, le peuple décida de lui enlever la tête. Ainsi arriva la République. Certes, Napoléon proposa l’Empire mais ça ressemblait trop au monde d’avant, alors, après plusieurs «cafouillages» institutionnels dont le point d’orgue fut le régime de Vichy, nous voilà finalement en Ve République.
Malheureusement, plus de 60 ans après ce nouveau régime, la politique ne fait plus recette, le peuple en a marre, il ne vote plus… Pour ne rien arranger, le huitième président de la Ve, ne pouvant prétendre au Soleil puisqu’un roi le fit avant lui, n’a rien trouvé de plus judicieux que de se qualifier de Jupiter: le roi des Dieux.

Résultat, une partie de la gauche aimerait proposer comme solution magique une VIe République. Oh la jolie idée: des assemblées représentatives et des citoyens tirés au sort décideraient de l’avenir de tous. Tout le monde aurait son mot à dire sur tout, il nous serait simplement demandé d’apporter notre incompétence et notre grande gueule car, on le sait, l’expertise du bon sens ne se trompe jamais. Ce sera donc l’ère du référendum et de la proportionnelle qui finira par troquer la démocratie au profit de la démagogie.  

Comme nous le déclarent tous les sondages, l’extrême droite via sa cheffe qui souhaite «fendre l’armure» n’est plus aux portes mais dans la salle d’attente du pouvoir. Les USA ont eu Trump, les Brésiliens ont Bolsonaro, les Anglais ont Johnson, les Russes ont Poutine, la grande majorité des peuples vivent dans des pays sans liberté, et, apparemment les Français jalousent les peuples qui ont moins de chance qu’eux. Allez comprendre. En cas de possibilité d’une victoire de l’extrême droite, les sondages nous indiquent qu’une grande crise de flemme risque de gagner le cortex des électeurs.
C’est ça la nouveauté: on ne tue plus la République pour faire place à un pouvoir totalitaire, on l’amène gentiment à s’euthanasier. Quelle économie!

Par Anthony Casanova

Par Anthony Casanova

Anthony Casanova est le directeur de publication et le rédacteur en chef du journal satirique Le Coq des Bruyères.
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