Un rêve d’Amérique

par | 21 Sep 2020

En cette période compliquée, on comprend que l’Amérique fasse toujours rêver. Ce besoin de rêve transatlantique ancien a bercé des générations et aujourd’hui l’Amérique de Trump apporte une autre dimension au rêve.

Et ce ciel bleu, ce ne sont pas les quarante millions d’Américains qui peuvent être expulsés de leur logement du jour au lendemain, en ce moment, suite aux ravages du Covid 19 ou de la Covid car les deux sexes sont aussi dangereux l’un que l’autre. Et ce qui est réconfortant, c’est qu’il n’y a pas de ségrégation, tout le monde a ses chances puisqu’on a vu des personnes de plus de 80 ans éjectées de leur maison.

Grâce à ce pays civilisé et bienveillant, on a pu constater les vertus du Covid et le formidable régulateur social que le virus constitue puisque les pauvres trop nombreux debout ont trouvé la bonne position, allongés pour l’éternité.

Les jeunes Français bouillonnants, lassés de la tiédeur du Rassemblement National peuvent s’imaginer au sein des milices blanches armées jusqu’aux dents capables d’être le rempart contre les gauchistes noirs dégénérés.

Et l’entreprise, c’est la vie et on ne peut qu’être admiratif devant un grand pays qui permet toutes les réussites et qui ne met pas de multiples embûches aux entrepreneurs, avec un code du travail qui stipule l’essentiel sur le verso d’une feuille A4. D’ailleurs peut-on imaginer sérieusement le succès pour de sociétés bienfaitrices comme Amazon ou Airbnb?

Et un pays qui a compris que l’argent est la valeur humaine la plus importante se doit d’avoir un paradis fiscal, la marque de grandeur à mettre en avant, et c’est le cas avec le Delaware, cet état qui blanchit, sous les applaudissements des évangélistes locaux.

Que de bonnes raisons de quitter notre pays poussiéreux pour ces contrées où tout est possible et encore plus depuis qu’un certain Donald Trump qui est un exemple pour tous ceux qui collectionnent les faillites et qui montre que l’inculture et un QI de moule ne sont pas un handicap pour réussir.

Alors bien sûr, il y a des trouble-fêtes pour gâcher ce tableau idyllique. Il n’y a pas de pays parfait et les tâches sont nombreuses; quelques noms en passant : James Ellroy, Norah Jones, Sean Penn, Jim Harrison, Emmylou Harris, Martin Scorsese…

Mais il suffit de détourner le regard pour garder l’espoir dans l’avenir, en trempant son sandwich au beurre de cacahuète dans son bol de coca. 

A part ça, en septembre, un nouveau livre « L’Expert et Qi Shi Tsu » préface de Philippe Chevallier et dessins de Deligne et Alex avec le lien des Editions du Net.

Par Thierry Rocher

Par Thierry Rocher

Thierry Rocher est un auteur, comédien, humoriste qui fait où on lui dit de ne pas faire. Vous pouvez le retrouver dans la Revue de presse des Deux Ânes sur Paris Première
D'autres Chroniques

Dessine-moi Mahomet

Cette chronique je l'ai déjà écrite. Pas une fois, pas dix fois peut-être cinquante fois. Elle parle d'assassinat, de terrorisme. Elle parle de croire ou de ne pas croire. Elle vante un peu la...

Les Viviant et les Morts

L’assassinat effroyable d’un professeur d’histoire, énième victime d’une guerre qui ne dit pas son nom et que nous ont déclarée les fanatiques islamistes, nous a de nouveau plongé dans la stupeur,...

Encore plus jamais

«Toujours et jamais, c'est aussi long l'un que l'autre» Elsa Triolet Et ça recommence, encore et encore, comme le chantait Cabrel. Un assassin islamiste massacre un prof d'histoire pour une...